Mon expérience chez le Roi du Burger !

Après un sacré temps de réflexion, j'ai décidée lors de mon travail dans le restaurant McDonald's d'écrire une sorte de conclusion sur cette expérience à la fois très enrichissante et apocalyptique pour moi.
Dans cette petite observation faite par mes soins, je ne divulguerais ni l'endroit du magasin et du restaurant, ni le nom des personnes qui travaillaient avec moi afin de respecter leurs identités.

Tout d'abord, j'ai voulu travailler afin d'avoir des sous de côté que ce soit pour pouvoir m'acheter ce que j'ai envie ainsi que de ne plus dépendre de mes parents et de leurs bons vouloir au niveau de l'argent. J'ai donc déposée mes CV un peu partout en janvier 2014 et peu de temps après, j'ai eu une réponse du restaurant McDonald's qui se trouvait dans un grand centre commercial près de chez moi.

J'ai passé un mini entretient qui a duré une petite vingtaine de minutes afin d'en savoir plus sur moi et deux jours après, je travaillais. A cette période-là, ma fac était en inter semestre. Je n'avais donc plus de cours pendant presque deux semaines et c'est surtout grâce/à cause de cet évènement que je me suis enfin mise à postuler sérieusement pour un travail, car je ne me voyais absolument pas glander toute la journée devant mon PC. Le premier jour, j'étais très excitée à l'idée de commencer le travail, de me dire que j'allais apprendre des choses nouvelles, de gagner des sous à la fin du mois, de rencontrer de nouvelles personnes qui sont dans ce monde depuis bien plus longtemps que moi, de connaître l'envers du décor de Mcdo. Je suis arrivée à l'heure au rendez-vous que m'avait donné le « directeur » (il y a trop de postes, j'avoue ne pas me souvenir de tout) et c'est alors qu'une jeune femme m'a présentée le Mcdo dans lequel j'allais travailler ainsi que les gens avec qui j'allais travailler. Elle m'a donc appris les bases de la caisse, elle m'a appris où se trouvait les produits, les tâches que je devrais faire lorsque je ne serais pas à la caisse etc… J'essayais de tout retenir comme je le pouvais afin d'être aussi compétente que mes collègues. Ah oui, il ne faut pas oublier que lorsque nous travaillons à Mcdo nous avons deux mois de test afin de voir nos progrès et si nous sommes réellement fait pour ce job qu'il soit temporaire ou non. J'ai donc fait mon possible pour pouvoir prétendre à ce poste aussi longtemps que possible.

Les premiers jours étaient supportables, le matin j'avais presque le sourire à l'idée d'aller travailler et d'apprendre de nouvelles choses sur ce travail. J'avais aussi très peur que cet environnement me lasse et me soule plus qu'autre chose, j'essayais donc de rester positive jusqu'au bout. Comme je l'ai dit, tout était supportable au début même si je me sentais seule quelques fois car je ne connaissais pas les autres et que j'avais l'impression qu'ils ne voulaient rester qu'entre eux. Les clients s'enchaînaient, les burgers, les frites, les boissons, les glaces... et l'irrespect total qu'avaient les clients envers nous. J'ai eu du mal à comprendre au début que les clients n'étaient ici que pour une chose ; manger. J'avais de la sympathie pour certains clients, j'essayais de sourire autant que possible même si on me hurlait dessus pour avoir une énième sauce alors qu'ils n'avaient pris qu'une petite frite. J'ai essayée, j'ai su mainte fois rester calme et garder mon sang froid envers certains clients haineux et désireux d'avoir plus de caramel ou des frites absolument brulantes. Sauf qu'on a souvent tendance à oublier qu'il y a des gens supérieurs qui nous surveillent et qui vérifient nos moindres faits et gestes et qu'il nous est interdit de faire certaines choses. J'étais d'ailleurs la première à être mécontente de certaines petites choses lorsque j'étais uniquement cliente et que je ne savais pas tout ce qui se passait derrière, tout le travail qu'avait un simple équipier. Je n'avais absolument aucune idée de ce qu'ils avaient réellement à faire et c'est alors que la lumière est apparue au bout d'une semaine ou deux.

J'ai compris que dans ce travail, il suffit d'un faux pas pour qu'on nous hurle dessus, pour qu'on soit agressif envers nous. Au début, ça allait, j'avais l'excuse d'être nouvelle et d'avoir du mal avec certaines choses. Mais au bout d'un mois, cette excuse n'était absolument plus valable et ma caisse n'était pas assez remplie pour être bénéfique aux grands maîtres suprêmes du capitalisme. J'ai donc reçu un sermon à propos de l'argent, que je n'étais pas en vacances et qu'il fallait sans cesse que je sois en pleine forme afin de ramener pleins de sous-sous dans les caisses. Sauf que deux semaines après avoir été embauchée, les cours pour moi ont repris et il fallait donc que j'enchaîne la fac, les transports et le Mcdo ou parfois l'inverse. Je courrais le mardi matin lorsque je commençais à 11h à Mcdo et que je finissais à 14h pour ensuite avoir cours à 15h à la fac en sachant que j'ai presque 1h30 de transports pour arriver à ma fac (ceci n'est qu'un exemple parmi tant d'autres). Mes jours de repos étaient le dimanche et le lundi, je n'avais donc qu'un jour de week end et les seules fois où j'ai pu réellement me reposer c'était lorsque mes profs étaient absents le lundi. Mon rythme de vie était exténuant, le goût du travail n'y était plus, je rentrais parfois très tard chez moi et je devais me coucher tôt pour aller à la fac de bonne heure, bref une vie pas si simple pour une fille de 19 ans avec une vie familiale à côté relativement compliquée.

Plus le temps passait et plus j'étais agacée par le Mcdo. Je connaissais presque tout ce qu'il y avait à savoir dans un fast food et j'étais assommée par les remarques de certains managers comme « Mais laisse-moi faire, je m'y connais plus que toi, je suis là depuis des années ! » alors que c'était aussi simple que d'appuyer sur un bouton. J'en arrivais à adorer faire les frites (ce que je détestais absolument au début) pour ne plus avoir de clients en face de moi qui me hurlent dessus parce qu'il y a trop d'attente. J'étais dans mon monde, dans les frites avec des cheveux gras et des doigts pleins d'huile mais personne ne me demandait un énième verre d'eau.
J'étais une petite souris parmi tant d'autres et j'écoutais les gens de mon rang se plaindre pour des inégalités presque banales pour les personnes extérieures. Des inégalités que peu de gens comprenaient, des abus de droits intempestifs et des demandes qui étaient, ou bien ignorées, ou bien oubliées. Et plus j'écoutais ces personnes, plus je me liais à elles, plus nos liens se resserraient, car j'étais parfois dans le même cas qu'elles. Une sympathie s'est donc créée avec certaines personnes, j'étais heureuse de voir que je donnais le sourire à ceux qui ne souriaient que très peu en faisant des blagues débiles. Je suis donc rentrée petit à petit dans cet univers délicat, pas toujours simple comme on s'y attendrait.

Comme je le disais plus haut, devant le comptoir on a réellement du mal à se projeter devant ses caissières qui nous vendent des burgers et qui ne sont pas toujours souriantes. Mais avons-nous réellement essayée de comprendre une seule fois ? Et avons-nous vraiment compris le pourquoi du comment ?
Car oui, j'ai arrêtée d'être souriante en allant au travail et devant les gens lorsque j'ai compris que la plupart n'en avaient absolument rien à faire de nous. Nous ne sommes que des machines à encaisser ou à écouter les commandes de ces clients affamés et stressés par le dur choix qui est de choisir quel burger ils vont manger. Aucun sourire ne nous est adressé, aucune sympathie ne nous est faite, parfois nous n'avons même droit à aucun regard, ni à un bonjour, ni à un au revoir, ni à un merci. Je me trouve toutefois très dur dans ce que je dis, car heureusement il n'y a pas que ces gens-là, oui heureusement ! Car en effet, j'ai eu droit à des clients honorables, souriants et fort sympathiques, ces clients qui vous donnent envie de continuer malgré tout, qui vous rendent heureuse pour la journée inconsciemment. Je me souviendrais même toujours de cet homme qui m'a dit très simplement que ce que j'avais fait était très bien fait, que j'avais fait du bon boulot, que j'avais été très polie et très agréable (sans me vanter évidemment). Ce genre de personnes qui font sourire et que nous avons rarement la chance de voir, je leur dis merci aujourd'hui !

Pour finir, cette petite (allez, relativement énorme) conclusion, je dirai simplement que cette expérience était à la fois extrêmement enrichissante et à la fois très fatigante du point de vue physique et moral.
En effet, enrichissante, car cette expérience était la première pour moi, j'ai pu réellement voir ce qu'il se passait derrière le joli blason du Mcdo, comment tout fonctionnait et grâce à qui. J'ai pu rencontrer des personnes sympathiques que je n'oublierais pas de sitôt qui ont fait de cette expérience, une expérience agréable et drôle avec une bonne ambiance ! Et même si j'étais réticente au début vis-à-vis d'eux, le courant est venu au fil du temps et je ne le regrette pas du tout.
De plus, j'ai réussi à mettre des sous de côté qui me permettent aujourd'hui de me faire plaisir de temps en temps ainsi que d'avoir de l'argent en cas de coup dur (et pour les courses forcément...) mais aussi pour des prochains voyages qui, je l'espère, se réaliseront !
Enfin, pourquoi cette expérience était relativement horrible... vous, vous en douterez, je pense ce qui m'a repoussé le plus de ce travail c'était tout simplement les clients et parfois la coordination des personnes au Mcdo. J'arrive encore à me souvenir de ces clients complètement sans gêne qui était malpolis à mourir et qui était extrêmement chiants ainsi que menteurs ! Oui, oui quand on nous dit « Je voudrais un grand menu Big Mac », qu'est-ce-que vous avez compris ? Un grand menu Big Mac ? Eh bien non, allons ! Il fallait deviner qu'il y en avait en réalité deux et que le deuxième Big Mac était sans salade et que ce n'étaient pas des frites, mais des potatoes ! Donc vous client, rappelez-vous que nous ne sommes pas dans votre tête et que nous n'arrivons pas à déchiffrer tout ce qui se passe là-haut ! Et enfin, la coordination entre les personnes qui travaillaient au Mcdo était parfois assez compliquée et conflictuelle. Lors des gros rush (Le soir et le midi avec beaucoup de personnes) la coordination n'était pas souvent au beau fixe et tout partait en vrille rapidement.

Une question primordiale se pose donc aujourd'hui... Est-ce-que je pourrais retravailler dans une chaîne de restaurant Mcdo ? Oui. Je pense que oui. Pourquoi ? Même s'il y avait de très nombreux défauts dans ce travail, aujourd'hui je vois principalement les qualités. Actuellement, gagner sa vie est primordial et c'est triste, mais c'est ainsi. De plus c'est un job qui s'adapte à mes études (donc à mes horaires de fac) et ce n'est pas du tout négligeable. J'ai aussi beaucoup appris du monde du travail relativement difficile, surtout dans ce milieu. Je me dis qu'au fond sur mon CV il y aura la patte de Mcdo et que je serais peut être classée parmis les jeunes gens les plus courageux ! Et enfin, je me dis que de toute évidence j'ai travaillée dans l'un des Mcdo les plus difficiles de là où j'habite, car étant donné qu'il se situe dans un centre commercial, des gens sont tout le temps présent et mange à toute heure. Dans un Mcdo en pleine ville, beaucoup moins. Je pense donc me diriger vers un autre restaurant si c'était à refaire. Après, est-ce-que je conseille ce travail à tout étudiant... Tout dépend de votre force mentale ! Même s'il s'adapte à nos études, le temps d'adaptation est long et c'est un rythme de vie très fatigant. J'ai sacrifiée beaucoup de mon temps libre et que je ne pense pas que beaucoup de personnes seraient capables de faire ça... Mais encore, ce travail peut aussi beaucoup fragiliser les personnes sensibles. Comme je l'ai dit précédemment, ce travail est très fatigant mais aussi déprimant. Il faut avoir un sacré bon moral pour encaisser les reproches que ce soit des clients ou des personnes au-dessus de nous.

Pour terminer, je tiens à remercier toutes les personnes qui étaient là durant cette période ! Ainsi que toutes ces belles personnes que j'ai pu rencontrer dans ce Mcdo. Longue vie au Double Cheese !


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